LES MECHANTS NE SONT PAS GENTILS

SEM SORO Guillaume, Ex-Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

L’actualité politique ivoirienne est dominée depuis hier par la condamnation par contumace de l’ex Président de l’assemblée nationale, M. Guillaume Soro à 20 ans de prison assorti d’une amende de 4,5 milliards de FCFA, 7 ans de privation de droits civiques et confiscation de sa résidence huppée de Marcory. Assez lourde comme peine, diraient certains. Vous voulez savoir ce que j’en pense ? It’s none of my business! Savez-vous pourquoi ?  Bah, parce que me le répétait souvent mon père quand j’étais petit, ce qui a tué nancloko, finit toujours par tuer nanclaka.

Après tout ce que la Côte d’Ivoire a vécu de si triste et dans la perspective d’une normalisation de la vie sociaux politique dans le pays en perspective des échéances électorales à venir, ce qui devrait prévaloir en ce moment, ce dont l’ivoirien à besoin, aurait essentiellement dû être la decrispation de l’atmosphère à travers la libération des détenus politiques et militaires croupissant encore dans les geôles depuis 2011 et non voir d’autres y être envoyés pour gonfler ce nombre déjà inutilement trop. Si c’est le contraire qui se produit, c’est autant dire que nous ne sommes pas au bout du tunnel. Mais que faire, en rire ou pleurer !? C’est selon.

De là où je me trouve, « assis par terre » me lavant les mains, mon cache nez au visage, je pense au condamné et le reflet que lui offre son miroir de lui-même. Vous savez, parfois la vie nous éprouve à un degré particulièrement si difficile qu’on est tenté de se demander ce qu’on a dû bien faire à Dieu et ses Saints pour mériter pareil châtiment oubliant nos erreurs du passer. Le Karma, il est réel et chacun y fait face un jour ou l’autre d’une façon ou une autre à la dimension de ses actes.

 Si je l’avais en face, je lui aurais posé une seule question. Qui est le méchant ?

Pour cause, le Mardi 6 Décembre 2011, à l’ouverture de son procès à la Haye, l’ex-Président Laurent Gbagbo, répondant au juge sur le traitement dont il a fait l’objet pendant sa détention à Khorogo, s’est exprimé en ces termes : »J’étais logé dans une maison: lit, moustiquaire, douche, deux repas par jour, à ma demande, parce qu’on m’avait proposé trois. Donc le problème n’était pas là mais je ne savais ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. Je ne voyais pas le soleil. J’ai vu le soleil les quelques rares fois où mes avocats sont venus ». Ces propos ont attisé chez M. Soro et ses partisans un sentiment de dégoût face à ce qu’ils ont qualifié d’ingratitude. Un article a même été publié sur le Blog de Soro sous la plume d’un de ses collaborateurs d’alors, M. Toure Moussa, avec pour titre pervers « Ingrat comme crocodile de Yamoussoukro ». Dans cet article, l’auteur racontait le traitement presque de faveur qui a été accordé au Président Gbagbo, suivi d’anecdotes sur ses cachotteries entre son épouse Simone et sa maîtresse Nady Bamba et qu’il n’a pas reconnu.

J’ai réagis à cet article par un billet sur mon Blog, lequel a failli me coûter certaines choses.

L’histoire a ceci de farfelue qu’elle est têtue !

Des années après, on est tenté de se poser la question de savoir, entre celui qui n’a pas reconnu les services qui lui ont été rendu et celui pour qui on a combattu, mis en péril sa vie, et qui finit par botter le cul en plein jour, qui est l’ingrat ? Entre le crocodile d’alors et le caïman d’aujourd’hui qui est le méchant?

La question pourrait paraître facile à répondre mais la réponse n’est pas si évidente. Une chose reste tout de même certaine, quand on ne dit pas la vérité et qu’on croit maîtriser les choses qui nous dépassent, on finit par le regretter. Ce qui a manqué, c’est une dose d’humilité. L’humilité nous épargne des affres de l’humiliation, ce que certaines personnes ignorent soit par naïveté ou par arrogance. Dans tous les cas les deux ont des conséquences qui se paient…

J’aurais voulu qu’on n’arrive pas à une telle issue d’un feuilleton qui dure des mois; que tous les aspirants au fauteuil, y compris M. Soro aient leur chance de compétir à égalité; que les Ivoiriens n’aient pas peur d’aller voter, qu’au lendemain du 30 Octobre, les vendeuses au marché de Cocovico retrouvent leurs étagères, que les maçons retournent sur leurs chantiers, les fonctionnaires dans leurs bureaux et que les étudiants reprennent le chemin des amphithéâtres.

Aussi, aurais-je tant voulu que M. Soro, soit traité avec moins de rigueur, qu’il ne soit pas autant châtié pour avoir rêvé trop grand trop tôt en préferant le fauteuil au tabouret qu’il a été contraint d’ailleurs à céder. Je l’aurais préféré ici plutôt qu’en exile. C’est ici chez lui. C’est un Ivoirien. Il a servi ce pays à un très haut niveau. Il mérite probablement mieux. Mais qui suis-je moi, pour savoir ce qui est mieux pour lui ? RIEN !

Je n’ai donc qu’un seul vœux digne d’un nouveau converti. Fasse Dieu que le monde ne compte plus de méchants. Ainsi, personne ne voudrait du mal à l’autre. Personne n’irait donc en prison.

Mais les méchants, il devrait en avoir pour que les actes de bienveillance soient appréciés, tout comme il faut qu’il y ait la nuit pour que le jour soit apprécié,  l’hiver pour que l’été soit savoureux.

Seulement, parfois et toujours, les méchants ne sont pas gentils. Par conséquent, ce qui devrait arriver arriva. Et nous voici à la case départ.

 Qui est le méchant ? Ne me demandez pas!

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Auteur·e

bela

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