LA GAMBIE, JAMMEY ET LA COTE D’IVOIRE (suite & Fin)

SEM Yaya Jammey, ex-Président de la Gambie

Il a fallu la pression d’un Macky Sall bien trop zélé décidé à instaurer la démocratie dans le pays et du Nigéria qui dirigeait la Commission Paix et Sécurité de la CEDEAO pour influencer fortement l’institution sous régionale pour que celle-ci réagisse. Il s’en ait suivi une activation de la force d’attente de la CEDEAO. Tout était mis en place pour cette fois-ci en découdre avec Mister Jammeh qui n’aura pas d’autres choix que de céder le fauteuil à Adama Barrow qui préside depuis cet instant aux destinées des Gambiens.  

2016-2020, voici 4 ans que Barrow est aux commandes, alors qu’il avait promis aux Gambiens de n’en faire que 3. Les Gambiens ne s’en plaignent pas, hormis une opposition aux grands gestes sans actions. Seulement, après 4 années de gestion, rien ou presque n’a bougé dans ce pays. Le PIB par habitant demeure l’un des plus bas au monde. Les espoirs des Gambiens fondés sur l’arrivée de Barrow se sont très vite effondrés. Le nombre de jeunes morts en méditerranée est aujourd’hui bien plus élevé sous Barrow qu’autant de Jammeh, la preuve d’une économie en constante régression entrainant l’intensification du tourisme sexuel dans le pays.

Tout ceci traduit l’évidence d’une compréhension restrictive de l’alternance politique dans les démocraties africaines où celle-ci est liée principalement au changement de personnes à la tête de l’Etat et non au changement de système.

J’ai peint ce tableau de la Gambie pour parler de l’actualité politique du moment en Côte d’Ivoire. Des opposants à certaines organisations de la société civile (ex. FIDHO) à tord ou à raison, on a attribué au Président Alassane Ouattara, l’intention de vouloir briguer un troisième mandat.

Quoique la constitution le lui permettait, l’homme avait plus d’une fois (au cours d’une déclaration commune avec la présidente Sirleaf du Liberia et d’une interview sur une chaîne étrangère) exprimé son intention de céder le fauteuil au terme de son second quinquennat. Pour donner, selon moi, plus d’écho à sa décision, l’homme a entretenu le suspense jusqu’au 5 Mars dernier où il a tiré définitivement le rideau. Les uns et les autres ont applaudi son départ, alors qu’on assistait à un simple changement de personne, puisque quoiqu’il dise s’en aller, ses propos et l’évolution actuelle des choses montre qu’il reste où restera bien présent même absent.

L’homme à la tête de l’Etat, lui, changera, mais le système, disons le modèle politique lui restera inchangé or tout se joue à ce niveau. Nous avons observé les limites de la gestion des sociaux-démocrates et venons de constater celles des libéraux-democrates, pourquoi ne pas essayer un autre système que porterait une génération plus jeune, véritablement jeune ?! Ne répondez pas!

FIN.

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Auteur·e

bela

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