L'OMS, LE PANGOLIN DE WUHAN ET NOUS

Coronavirus

Cela fait un peu plus de 5 mois qu’un minuscule être, invisible à l’œil nu mais présent, viole par sodomie toute l’humanité. Il nargue les puissances économiques et militaires, rétabli l’égalité entre riches et pauvres, entre ceux qui ont trois repas par jour et ceux qui n’en ont qu’un seul; il se moque de la bourgeoisie des Royaumes mêmes les plus puissants, déjoue les pronostics des experts confirmés ou auto-proclamés.

En 5 mois de sevissement, ce virus a mis l’Italie et l’Espagne à genou, la France est coincée dans ses habits de grandeur qui lui flottent, les États-Unis s’en prennent plein le visage ravalant leur orgueil habituel, et cherchant le coupable ailleurs. De toutes les façons, il faut bien que ce soit toujours l’autre qui soit à la base de leurs malheurs. N’est-ce pas que l’enfer, c’est bien les autres ?  Quel qu’en soit l’issue, cette crise sanitaire laissera des séquelles qui dureront des générations. Elle changera le paradigme du nouvel ordre mondial, réorientera le débat sur les priorités des nations et contribuera à repenser  l’esprit de la mondialisation et les politiques et mécanismes de développement international, entre autres.

Surtout, cette crise mettra à nu les faiblesses des institutions de développement en générale et de manière spécifique, dans le contexte actuel, le rôle et le mécanisme de fonctionnement de la première entité chargée d’assurer la santé des populations au niveau mondial, à savoir L’OMS.

Il y a quelques jours sur Twitter, j’ai mené un long débat sur ce dernier sujet avec des amis, au cours duquel j’estimais que, quoique l’homme soit émotif à souhait, avec des jugements et réactions parfois assez subjectives et sujettes à caution, ses critiques contre l’OMS cette fois-ci, même si elles auraient des limites ne sont pas infondées. Mes amis m’ont sans doute pris pour un ‘Trumpist’, eux qui estimaient qu’il faut plutôt saluer la gestion de la crise sanitaire en cours par l’OMS. Aussi ont-ils brandi l’argument, pour moi trop simpliste, du racisme face à l’africain à la tête de l’organisation. Soit ! Mais je reste sur ma position, car toute considération raciste mise à part et contrairement à ce que pensent ses laudateurs, l’OMS a une gestion bien trop inadéquate de cette situation de crise, ce qui visiblement la fragilisera à un degré exceptionnellement important.

La première faiblesse affichée par l’organisation part du traitement qu’elle a fait de l’apparition du virus en novembre 2019. Le médecin chinois donneur d’alerte a été contraint au silence par Pékin qui l’accusait de divulgation de fausses informations avant de s’en excuser publiquement et tardivement après. Rien ou pas assez fut fait par l’OMS en ce moment la pour rassembler toutes les informations nécessaires à mettre à la disposition des pays pour leurs préparations jusqu’à ce qu’en décembre puis en janvier le virus prenne des proportions non maîtrisable en Chine.

La seconde faiblesse était celle de la collecte d’informations sur la situation en Chine. L’OMS avec ses experts n’a pu savoir plus que quiconque sur le nombre réel de morts en Chine, lequel a visiblement et volontairement été dissimulé par les autorités chinoises. Son rôle est de savoir. Son rôle est d’alerter à partir de ce qu’elle sait. N’ayant rien su ou pas assez, elle même a sous estimée l’ampleur de la situation, et donc mal conseillé les États, ce qui leur vaut ce qu’ils subissent aujourd’hui.

Troisièmement, l’organisation semble dépassée par la situation dont le contrôle lui échappe actuellement. Cela a un tel point que les pays semblent ne plus lui accorder de crédit. Alors que l’Allemagne et la France amorcent leurs processus de deconfinement, l’OMS crie sans être écouté à la prudence. L’organisation prédit l’hécatombe en Afrique et invite les pays à plus de mesures. Sur le terrain, ces pays semblent ne pas y croire. Certains dont le Ghana entament leur deconfinement, d’autres (dont le Benin) refusent toutes mesures tendant à impacter leurs économies et la vie de leurs populations. L’organisation prévoit un éventuel vaccin pas avant le premier trimestre 2021 et reste très prudente face à la fameuse Chloroquine, remède très controversé du Dr Raoul. Pendant ce temps, certains pays sur le continent et les États-Unis l’utilisent. En somme, presque plus personne n’attend grand’chose de l’OMS actuellement, elle qui semble plutôt soucieuse de sa survie face à la décision américaine de lui retirer sa contribution représentant au moins 15% de son budget.

La France, quant à elle, joue la carte de la prudence sans toutefois dédouaner l’OMS. Sur la question de la Chine, par exemple, elle a convoqué l’ambassadeur Chinois à Paris. Pour l’instant, elle fait sienne ce dicton Ivoirien, qui dit « qu’on ne s’arrête pas dans magnans pour enlever magnans ». Autrement dit, il faut sortir de la situation chaotique actuelle et se mettre à l’abri avant de situer les responsabilités. Quand tout sera terminé, que dirait Macron de l’organisation, lui qui, lors d’une visite dans un centre de santé la semaine dernière a affirmé avoir été en quelque sorte niqué par la Chine ?

L’Italie et l’Espagne comptent en ce moment leurs morts et espèrent un jour se rélever. Mais elles auront probablement des questions à poser à l’union européenne pour ne les avoir pas assez soutenu, et surtout à l’OMS sur ce qu’elle a fait pour leur éviter pareil carnage.

En attendant, la Chine et les États-Unis jouent au Ping-pong, s’accusant mutuellement de la paternité du virus. Les théories complotistes naissent et s’amplifient chaque jour qui passe allant des plus probables aux plus farfelues. Tout ça continuera longtemps, mais un jour où l’autre, il faudra répondre à deux questions, ma foi, essentielles:

1) Entre le laboratoire en Chine ou aux États-Unis et le Pangolin du marché de Rue de Wuhan, qui a occasionné le virus ?

2) L’OMS a t-elle failli ou non à sa mission ?

 Chacun a sa réponse.

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Auteur·e

bela

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