Jacmen Kouakou: “Nous enseignons aux jeunes à créer leur propre richesse…”

« La jeunesse – écrivait Fénelon dans « Les aventures de Télémaque (1699) » – est la fleur de toute une nation, c’est dans la fleur qu’il faut préparer les fruits ». La Jeunesse ivoirienne l’a compris et s’y met. Jacmen Kouassi aussi. Ayant très tôt pris conscience de son rôle pour une Côte d’ivoire meilleure, ce jeune ivoirien s’est mis à la tâche sans relâche. Aujourd’hui, ce jeune entrepreneur, la trentaine révolue, père de famille et activiste sociale et fervent chrétien, fait partie de l’élite de la jeunesse ivoirienne. L’air jovial, le ton posé, l’humilité dans le parlé, l’élégance dans les gestes, c’est sans détours que Jacmen Kouakou, bénéficiaire du Porgramme YALI, section Afrique de l’Ouest, initié par le président Obama en faveur des meilleurs jeunes leaders Africains, s’ouvre à mes lecteurs dans l’entretien qui suit :

“…J’ai eu la ferme conviction de créer une entreprise pour lutter contre le chômage des jeunes…”

Chroniques des Temps Nouveaux (CTN): Bonjour Jacmen, entre nous jeunes on peut se tutoyer si tu permets. Merci d’avoir accepté cet entretien. Pour commencer, peux-tu te présenter à nous?

Jacmen Kouakou (JK): Bonjour Emile. Sans problème, soyons relaxe. Je suis Kouakou Kouassi Jacmen, aîné d’une famille modeste. Je suis Marié à Kodjahon Affoue Marie Christelle qui me soutient enormement, père de deux charmants garçons. Je suis diplômé d’un baccalauréat serie A2 obtenu au Lycée Khalil de Daloa, d’un Master en Anglais à l’Université de Cocody (Côte d’ivoire) et aussi de plusieurs Certificats en Gestion des Ressources Humaines et en Leadership. Je suis Traducteur Volontaire des Nations Unies en ligne depuis 2012. Passionné de l’entrepreneuriat, je membre du Réseau des Entrepreneurs Sociaux de Cote d’Ivoire (RESCI). J’aime écouter la musique Chrétienne. Selon mes amis, je suis un fin négociateur (rires…). Bref, je m’arrête là !

CTN: Tu l’as dis, tu es un entrepreneur, comment ont été tes débuts? D’où t’est venue l’idée d’entreprendre et comment a commence ton Projet?

JK: L’histoire de JC English Training Corporation a commencé une nuit vers 2 heures du matin dans le mois de Novembre en 2012. Je me suis reveillé et j’ai eu la ferme conviction de créer une entreprise pour lutter contre le chômage des jeunes dans mon pays, la Cote d’Ivoire voire au délà. La même nuit, je me suis mis à écrire les grandes lignes de ma vision. Comme il faut « battre le fer quand il est chaud », le lendemain matin je me suis lancé à la recherche d’une salle de classe pour exécuter le projet qui consiste à renforcer les capacités linguistiques des membres de ma communauté pour leur permettre d’avoir du travail et d’autres opportunités. Tu sais, à Abidjan j’ai vu des personnes manquer des opportunités de travail ou d’études tout simplement parce qu’elles n’ont aucune notion de l’Anglais. Donc l’idée de création de l’entreprise est partie de là. En plus de l’enseignement de l’Anglais, de la Traduction et de l’Interpretariat, renforcer les capacités des jeunes en entrepreneuriat est une autre mission de ‘JC English Training Corporation’. Nous enseignons aux jeunes à créer leur propre richesse, à ne pas attendre le gouvernement pour leur offrir du travail. Certains ont des idées innovantes, mais ne savent pas comment les exécuter, nous leur offrons un coaching afin de leur permettre de reussir leur projet.

CTN: En tant qu’entrepreneur, quelles satisfactions as-tu à ce jour et quelles sont les difficultés que tu rencontre le plus souvent?

JK: Tu sais, je tire ma satisfaction lorsque les “sans emplois” qui ont renforcé leurs capacités en Anglais à travers “JC English Training Corporation” me disent “Teacher, j’ai eu du travail parce que j’ai reussi mon test d’Anglais!”. Ma joie est grande aujourd’hui parce que grâce à ce projet, des dizaines de jeunes ont trouvé du travail, certains jeunes sont reçus dans les universités Asiatiques et Americaines.

Les difficultés sont nombreuses, et se situent à plusieurs niveaux. Il y a l’insuffisance de resources pour déveloper le projet. Par consequence, il y a un manque d’infrastructures adéquates pour la formation. Je veux parler de salles et de matériels de formation répondant aux normes internationales. Cependant, ‘découragement n’étant pas Kouakou Jacmen’, j’ai cru en ma vision et en mon projet, et petit à petit des coeurs ont été sensibles à mon projet. J’ai même le soutien inconditionnel d’un ami de la Fac, Monsieur Evariste Aohoui, à qui je voudrais rendre un vibrant hommage ici. Il a fermement cru en mon projet. Aujourd’hui, il me soutient beaucoup dans mes formations en entrepreneuriat.

“Mon désir, c’est que chaque entrepreneur s’intéresse à la protection de l’environement…”

CTN: En plus d’êre un entrepreneur, on te voit beaucoup impliqué dans des initiatives citoyennes comme la protection de l’environnement, la formation des jeunes, peux-tu en dire plus?

JK: Certains amis me demandent de quel coté je suis, Entrepreneur ou protecteur de l’environnement? J’ai toujours répondu qu’un leader a plusieurs missions pourvu qu’elles impactent positivement sa communauté. J’ai aussi compris qu’un entrepreneur pourra être productif et mener à bien ses activités à long terme s’il travail dans un climat sain d’où mon combat en incitant la population et les jeunes notamment à avoir des attitudes écocitoyennes. Et puis à quoi serviraient mes actions si ceux à qui je veux donner du travail demain sont malades à cause d’un climat dégradé? A absolument à rien! Pour moi, c’est le plus grand défi auquel le monde doit faire face. Je fais donc ma part. Aujourd’hui, la plupart des maladies qui déciment l’humanité sont liées au changement climatique. Mon désir c’est que chaque entrepreneur s’intéresse à la protection de l’environement s’il veut être plus rentable et productif. La santé avant tout!

CTN: Tu es si jeune, marié et père de deux enfants, pourtant cela ne semble pas t’empêcher de faire autant de choses à la fois. Quel est ton secret? Comment parviens-tu à concilier ta vie familliale et professionnelle?

JK: (Rires…) Cette question revient chaque fois que je suis en face de mes paires. Mon sécret c’est DIEU. J’ai dit à Dieu, ‘tu vois le bagage que tu m’as fais porter, je ne refuse pas de le porter, c’est ma mission, alors occupes-toi de moi et de ma famille.’ Et il le fait si bien! En plus j’ai une magnifique épouse qui m’aide beaucoup. De mon coté, je fais l’effort d’être le plus organisé possible. Quand je suis à la maison, c’est ma famille. Quand c’est l’heure du travail, la famille doit céder la place. J’ai peu de distraction, car pour moi ce n’est pas le moment.

“…derrière un échec se cache une opportunité incroyable”

CTN: Tu as récemment été sélectionné parmi les meilleurs jeunes leaders africains pour participer au programme YALI, zone Afrique de l’Ouest. Peux-tu nous dire en quoi ce programme consiste et quels sont les avantages concrets que tu en tire?

JK: Ma sélection à ce programme est le résultat de ma perséverance et de mon travail sur le terrain pour impacter ma communauté. J’ai postulé à plusieurs programmes sans réponses favorables. Cela m’a encore plus motivé à continuer, car derrière un échec se cache une oppotunité incroyable. Cette fois a été la bonne. En effet, le programme YALI (Young African Leaders Initiative), est une initiative du Président Américain Barack Obama. Le programme vise à sélectionner les jeunes Leaders de l’Afrique Sub-saharienne qui, par leurs actions, impactent leurs communautés. Ce programme est sub-divisé en quatre zones en Afrique à savoir le Ghana, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Sénégal (Dakar) et un autre nommé le ‘Mandela Washington Fellowship‘ qui se déroule aux USA. Ainsi, sur plus de 3,000 postulants au Programme ‘Yali Dakar’, seulement 100 jeunes Leaders ont été retenus pour la formation en ‘Business & Entrepreneurship’, ‘Civic Leadership’ et ‘Public Management’. Je suis admis dans la catégorie ‘Business & Entrepreneurship’. Pendant les cinq (5) semaines de formation à Dakar, nos capacités en management d’entreprise, en marketing et en Leadership seront renforcées. Nous avons aussi des mentors qui vont nous épauler dans la concrétisation de nos projets. Il y a également des avantages relationnels car lors de la formation nous rencontrons des chefs d’entreprise très influents qui, en plus de leurs conseils, nous laissent leurs contacts pour d’eventuelles collaborations. Nous aurons, après notre formation à Dakar, sept semaines de suivi intense et d’activités dans nos differents pays avec la possibilité d’accompagnement de nos projets. Des possibilités de stages pour ceux qui le souhaitent dans les institutions et des entreprises connues.

CTN: En tant que jeune leader modèle, quels conseils peux-tu donner aux jeunes africains en général et ivoiriens en particulier, qui veulent suivre ton exemple?

Je voudrais ici encourager les jeunes africains et surtout ivoiriens à faire valoir leurs potentialités en impactant leurs differentes communautés. Je sais qu’ils sont très instruits avec des talents incommensurables, mais comme le disait Herhert Spencer “le grand but de l’éducation n’est pas le savoir mais l’action”. Oui, les jeunes doivent agir et arrêter de spéculer. Il est temps qu’ils se réveillent de leur sommeil pour qu’ensemble nous puissions bâtir une Afrique vivable. Ceux qui ont des idées pour le dévéloppement de la Côte d’Ivoire ou de l’Afrique, qu’ils n’attendent pas demain. Commencez dès aujourd’hui, car comme le disait Tony Robbins “La clé du pouvoir, c’est l’action”.

CTN: Comment et où te vois-tu dans cinq ans?

JK: Je ne veux pas paraître trop prétentieux mais dans cinq ans, je me vois à la tête d’un cabinet de langue et de formation très structure, employant des dizaines de jeunes.

CTN: Un dernier mot?

JK: Je te remercie pour cette lucarne que tu m’offres pour parler de mes activités et surtout de mes ambitions pour la Côte d’Ivoire de demain que je voudrais prospère et où chaque citoyen, ivoirien ou non, se sent épanouis dans un environnement sain! Quand à toi, tu fais partie de ceux qui nous encouragent à perséverer dans nos actions. Que Dieu te bénisse, Emile!

Merci pour ton précieux temps quand je sais que tu n’en as pas beaucoup vu toutes tes activités, et surtout bon courage pour la suite!

5 Des réflexions sur “Jacmen Kouakou: “Nous enseignons aux jeunes à créer leur propre richesse…”

  1. Merci pour ce clin d’oeil a jacmen. Depuis que le le cotoie en la faveur du crl yali dakar j’ai pu remarqué sa capacité à rester focalisé sur ses objectifs. Il a de l’avenir.

  2. Dieu te Bénisse mon cher frère mon Jumeau. Comme je te l’ai avec JESUS-CHRIST tu feras des exploits ce qui t’arrive n’est que le début de ce que JESUS-CHRIST a décidé de te donner. Continue d’avoir les regards fixés sur lui et tu verras.

    Reviens nous vite tu nous manque beaucoup.

    Dieu te Bénisse et te Garde.

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