En parlant de féminisme…

Ce billet m’a été inspiré par celui, bien écrit je pense, de mon ami Aphtal que j’ai lu en ayant à peu près les mêmes sentiments que lui concernant les préjugés qu’entretiennent certaines personnes, y compris les femmes, face au traitement que certains hommes réservent à leur épouse.

(c) lesparesseuses.com

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Le serpent, aussi beau qu’il puisse paraître, suscite toujours un brin de frayeur pour qui le rencontre sur son chemin. Tous s’en méfient ignorant que lui aussi se méfie d’eux. Ils ignorent que le serpent et l’homme sont engagés dans une relation de force dans laquelle il n’y a ni fort ni faible. Le plus fort est celui qui, le premier, assène le coup mortel. Le serpent mord le passant, il en meurt. A l’inverse, le passant écrase sa tête au serpent et l’étale à la merci d’autres prédateurs. C’est exactement ou presque la même chose dans la relation homme-femme…

Nous sommes dans une société phallocrate dont l’origine, de mon seul point de vue, remonte à l’ordre de création de l’homme «Adam» d’abord puis de la femme «Eve» dans la Sainte Bible et même de la façon dont la deuxième a été créée «tirée de la côte du premier». D’autres raisons pourraient mieux l’expliquer mais c’est ainsi que je le conçois, moi. Les injonctions de Dieu à l’homme pour qu’il domine sur tout lui ont attribué un pouvoir dont il se sert «parfois abusivement» face à une femme à qui Dieu a ordonné soumission. Si l’on ne s’arrêtait qu’à cette considération très souvent mal interprétée par ces machistes, certains agissements des hommes se comprendraient, mais le pouvoir dont il est question n’est pas seulement physique, il est aussi psychique. Si l’homme détient jalousement le pouvoir physique, disons la force physique le pouvoir psychique, lui, est inné et la femme n’en est pas moins pourvue.

Les considérations culturelles, dans certaines sociétés et à quelques exceptions près, fondées uniquement sur des préjugés selon lesquelles, comparé à la femme, l’homme réussirait mieux à l’école, tiennent au fait que très souvent peu de jeunes filles résistent aux tentations post-puberté et les risques qui en découlent sont les grossesses en milieu scolaire, entrainant elles-mêmes majoritairement la déscolarisation de la jeune fille. Ce n’est donc pas tant que çà la capacité mentale, psychique ou intellectuelle, et tout ce que vous voulez, de la jeune fille ou de la femme, en général, qui est mise en cause. Je n’ai donc jamais compris cette tendance obstinée de ces féministes, présumés ou avérés à considérer la femme comme une victime «innée» face à un bourreau «inné» qu’est l’homme dont il faut se protéger. Qui sait si l’homme lui aussi tente, à travers ses agissements pas toujours justifiables, de se protéger contre la femme ? C’est pourquoi, le féminisme, j’en rigole et nargue ceux qui se targuent du titre pompeux et creux de féministe.

Il y a que très souvent ce sont les tenants de cette thèse féministe qui suscitent la confusion dans les esprits faibles en réduisant les luttes, celles-ci, justes, objectives et nobles, pour l’équité du genre au sein de la société à l’égalité entre l’homme et la femme. Pourquoi vouloir d’ailleurs être l’égal d’un être considéré comme un bourreau si ce n’est clamer soi-même sa nature de bourreau ou alors, vouloir être soi-même un bourreau ? Sur la question, je rejoins un de mes auteurs préférés, Foua Ernest de Saint Sauveur qui, dans son formidable œuvre, Les Matins Orphelins, s’irrite contre cette propension des femmes à vouloir se mettre à la même place que les hommes là où elles auraient pu aspirer à mieux. Quand on aspire au changement, sauf si l’on fait preuve de déraison, c’est pour accéder au meilleur. Pourquoi la femme se compare-t-elle à l’homme au point de vouloir, pour exagérer, troquer sa place si noble qu’elle occupe contre le sien. Au demeurant, qui dit que l’homme lui-même se sent à l’aise dans la posture qu’il occupe ?

Je comprends et je soutiens corps et âme l’équité du genre dans son sens le plus large. Pour ceux qui ne comprendraient pas, voici une définition caricaturée de l’équité :

Le perroquet et le matin-pêcheur sont tous deux des oiseaux. Il y a égalité. Celui qui les élève les garde dans deux cages conçus de la même façon et donc leur permet d’évoluer dans un même milieu. Il y a égalité. Il leur donne, à tous les deux, des grains de maïs (admettons que tous deux mangent le maïs). Il y a égalité. Mais ces grains sont servis dans un contenant si profond qu’il faut un bec bien plus long pour les atteindre. Pour son bec si long, le matin pêcheur y a accès mais pas le perroquet au bec courbé. Vouloir être l’égal, l’un de l’autre revient pour le perroquet à réclamer au maitre de lui tailler le bec pour le rendre aussi pointure que celui du matin-pêcheur. A l’inverse, réclamer l’équité revient au perroquet à vouloir, en conservant son identité tout court, de même que le matin pêcheur, un contenant, mais moins profond de sorte à atteindre les grains. Il ne peut pas en même temps demander au maître de lui tailler le bec et de lui fournir un contenant moins profond. Ça devient de l’égoïsme…

Je suis pour qu’à diplôme égal, il y ait salaire égal. Je suis contre toute forme de violence faite aux femmes. Je suis pour un traitement décent des femmes dans la société. Je suis pour que les femmes participent à la vie de la société à tous les niveaux. Mais je suis contre la position victimaire qu’on leur attribue ou qu’elles-mêmes revendiquent. Je suis contre ce féminisme taillé sur mesure pour satisfaire les besoins mesquins d’une catégorie de la société qui veut que tout lui soit donné au mépris d’une autre partie.

Les hommes, certains hommes, sont violents par essence. C’est dommage ! Quand à cela vient s’arrimer un sens d’orgueil démesuré, cela les précipite dans le lot des machos. C’est déplorable ! Ces misogynes sont à plaindre. Mais de là à vouloir un traitement de «victime naturelle» pour la femme, c’est plutôt méprisant… Je souhaite d’abord que la femme prenne de la hauteur et soit la première actrice de la lutte pour son épanouissement, et que dans cette lutte, elle prenne conscience de son talent, ses incommensurables valeurs, ses compétences, ses aptitudes intellectuelles ainsi que de la noblesse de son titre de porteuse de vie dont la nature l’a gracieusement doté.

Pour revenir à l’article de mon ami, ce qui m’a attristé dans ce qu’il décrit, c’est le fait que certaines femmes ainsi que des hommes déplorent ces pratiques, à mon avis, louables, preuves d’amour et de respect pour la femme.

Je me marierai demain. J’aimerai mon épouse. Je la respecterai pour avoir accepté de partager son rang si noble avec moi. Je la conduirai à l’hôpital pour ses consultations prénatales. Je serai là et lui tiendrai la main, si ce n’est parce que je ne supporterai pas de la voir souffrir, pendant l’accouchement. Quand l’enfant naitra, je le porterai au dos ou à la main sans me soucier des jugements acerbes de ceux qui y voient de la domination ou de la perte de ma masculinité. Ma mère aurait aimé que mon père fasse pareil pour elle. Pourquoi mon fils n’aimerait-il pas que j’en fasse pour sa mère…? Je ferai tout ceci, demain, pour mon épouse. Je la regarderai comme un trésor que j’ai la chance d’avoir. Un trésor à valoriser, à protéger au risque de le perdre. Mais pas comme une victime, parce que victime elle ne l’est pas et pas plus que bourreau je ne suis pas, moi, qui, comme elle, ait besoin de protection, d’amour et de respect.

6 Des réflexions sur “En parlant de féminisme…

  1. Très bon billet. Je t’invite d’ailleurs à lire le mien 🙂
    Et … pour information, je me considère féministe, dans le sens où je veux être payée au même salaire qu’un homme pour le même travail effectué.

  2. J’ai mal à mon féminisme,lol.Je pense que pour la femme battue,violée,excisée et mariée de force.On peut parler de victimes non consentantes.C’est l’homme qui parle,hein Emile.

    • L’excision ne se fait pas par les hommes. La violence, je l’ai dis, j’en suis contre autant que le viol et la mariage forcé sur lequel j’ai d’ailleurs écris un billet que tu pourras lire sur ce blog intitulé: « Vive la mariée, même quand elle n’a que 13 ans? » et un autre qui est le résumé de l’oeuvre de Fatou Keita « Rebelle ».

      Merci d’être passée et Abientôt pour un autre billet.

      Amitiés,

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