Oui, Sidy a parlé !

M. Sidy DIALLO en Conférence de Presse (c)Abidjan.net

M. Sidy DIALLO en Conférence de Presse
(c)Abidjan.net

Que ceux qui avaient demandé que Sidy parle, lèvent la main.

Ils étaient des milliers, peut-être plus, ces ivoiriens qui attendaient patients comme le pêcheur au bord du fleuve. Mais, parmi eux, il y en avait de moins patients, comme des cadavres attendant d’être inhumés et qui ont fini par se décomposer, las d’attendre. L’odeur insupportable de leur putréfaction qui sortait de leurs bouches semblables à des marmites de sabbat a monté jusqu’à la maison de verre de Treichville pour pousser le moins bavard des ivoiriens devant les écrans.  Sidy était attendu. Sidy est arrivé ! Sidy devrait parler. Sidy a parlé… Enfin !

Nos oreilles ont entendu. Chacun a compris selon qu’il est allé à l’école où qu’il est allé vers l’école, selon qu’il est à l’Université ou qu’il est dans l’Université, selon qu’il travaille ou qu’il va au travail.

Maintenant, que tous se taisent et m’écoutent m’adresser à mon président.

Président,

Vous savez, l’être humain est par essence caractérisé par la dualité. Il est ange et démon à la fois. En lui cohabitent en parfaite harmonie, la dureté et la douceur, la profondeur et la superficialité, la bienveillance et l’égoïsme, entre autres. Vos amis du jour deviennent vos ennemis le lendemain. C’est pourquoi, vous ne devez faire confiance à personne, sinon qu’à moi, à moi tout seul. Moi, votre désormais conseiller  ̶pas trop spécial. Vous l’avez compris, de sorte que sans trop forcer, quand je vous ai donné la parole, vous l’avez saisi et avez parlé, parlé, parlé. Vous aviez tout dit, même ce qu’il ne fallait pas aussi. Vous aviez aussi dit que Brésil 2014 nous a couté 2,113 milliards de fcfa, rien que pour faire de la figuration, je ne dirais pas pour faire du mannequinat. Vous aviez dit encore une fois que vous assumez sans plus, le sourire en coin. Mais quand on vous a demandé si vous pensiez démissioner, non là c’était trop osé de leur part. Vous vous êtes montré plus serieux qu’un mendiant Nigérien à Zinder. Vous aviez repondu NON!  NEVER! pour les journalistes étrangers afin que tous comprennent. On vous a demandé de parler. Vous aviez parlé. Point. N’en déplaise aux esprits chagrins.

D’ailleurs, ne vous sentez-vous pas si léger, comme débarrassé d’un fardeau ? Bien sûr que si ! Je reste persuadé que vous ressentez la même chose que ressent un amoureux ayant déclaré sa flamme après moult tentatives à celle qu’il convoite depuis longtemps, c’est-à-dire vidé, épanouie, ragaillardi, hautain même. C’est ça la magie de la parole. Elle libère toujours !

Vous pouvez compter sur moi. Je serai toujours là pour vous accompagner. Pour vous donner la parole quand les ivoiriens auront envie de vous entendre à nouveau. Je suis même disponible à préparer vos discours pour qu’ils touchent même les cœurs les plus rebelles. Je serai votre œil dans le peuple. Je vous interpellerai quand vous ferez mal. Je serai en un mot là pour vous guider, un peu comme l’empenne régularise le mouvement de la flèche. Soyez donc sans crainte quand vous marcherez dans la vallée de l’ombre de la mort. Mon clavier et mes doigts seront là pour vous rassurer. Vous n’avez simplement qu’à prier pour que d’ici là on ne m’oblige pas à la fermer puisqu’il y a trop à dire et je parlerai. Je ne suis pas comme vous, je parle troooop. C’est çà mon défaut !

Seulement, président, j’ai une suggestion à vous faire. Vous savez, ce n’est pas le jour de la chasse qu’il faut élever un chien. Commencez donc dès à présent à réunir les ingrédients pour Maroc 2015 et au- delà. Reconstituez votre équipe. Banissez de votre vocabulaire le terme « Cadre ». Nul n’est cadre. On a essayé ça depuis des années ça n’a rien donné. Si on ne change pas une équipe qui gagne, que fait-on de celle qui ne gagne pas? Ne répondez pas! Pour le Coach, c’est là que vous m’aviez fait sourire depuis le soir du match contre la Grèce où j’ai tout perdu. Mes Invitées, Mélissa et la Victoire.

Pour ne plus endosser tout seul la responsabilité, vous avez su jouer le jeu en prenant les esprits faibles par le cou. Vous vous êtes retrouvé, un peu, dans le rôle de Jésus face à ses disciples. Il leur a dit, à haute voix, le matin, sur la place publique, je mets devant vous le bien et le mal. Choisissez ce que bon vous semble. Puis tout bas, le soir, sur la pointe des pieds s’est rendu chez eux et leur a chuchoté dans le creux de l’oreille, je vous recommande le bien. Le bien pour vous ici, on le sait depuis le début, était le Renard. Un Renard pour guider des éléphants ?! On aura tout vu. Mais qui sait, peut-être que le jeu en vaut la chandelle. Qui vivra verra !

Tant qu’il peut toujours ramener du gibier à la maison, le chien galleux ne dérange pas son maître. Ce n’est donc pas grave. Nous allons essayer, c’est un médicament, nous disait quelqu’un. Pourvu qu’il guérisse  la plaie. On vous jugera à la fin. Si ça marche, on dira que c’est vous qu’il fallait. Si non, je serai devant ceux qui vous inviteront, vous, digne fils de la noble famille Diallo, à céder le fauteuil bon gré, mal gré…

Ne dites pas que je ne vous ais pas prévenu, mes lecteurs sont témoins… !

7 Des réflexions sur “Oui, Sidy a parlé !

  1. Emile oh Emile!
    Toi à l’esprit aussi fécond que le sein d’une femme africaine
    Toi à la langue aussi légère que celle d’un griot du grand madingue
    Tu m’épates par ton talent ô Emile.
    Tu manies si bien le verbe avec dextérité
    Merci Emile.

    Une chose qui me marque dans tes écrits, c’est l’utilisation des figures de rhétoriques des proverbes africains. Emile, tu es un ARTISTE, point.

  2. EMILE TU ES FOR-MI-DABLE !!!! TU UTILISES DE TRES BEAUX PROVERBES AFRICAINS K J’ APPRECIENT BIEN. SUIS FIERS DE TOI. JE NE ME LASSE JAMAIS DE TE LIRE. MERCI POUR TOUT

  3. Pingback: Lettre à Sidy Diallo: Félicitation!

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