Yehni Djidji, une icône de la blogosphère Ivoirienne #2

Une Passion Interrompue de Yehni Djidji, à lire absolument.

Une Passion Interrompue de Yehni Djidji, à lire absolument.

Aujourd’hui quand on sillonne les blogs, qu’ils appartiennent à des ivoiriens ou non, ils ont presque tous un lien vers vos blogs. Ceci confirme que vous êtes une véritable icône de la blogosphère africaine. Pouvez-vous nous raconter vos premiers pas dans le blogging ?  

J’ai découvert des blogs en 2007 au hasard de mes navigations sur internet. Il s’agissait notamment de Bella Naija et du Blog de Linda Ikeji, deux nigérianes. J’ai eu l’envie de les imiter mais je ne savais pas vraiment de quoi parler. J’ai décidé de me lancer en 2008, l’idée étant de partager mes écrits en espérant me faire remarquer par un éditeur étranger à cause des difficultés que je rencontrais sur le plan local pour me faire éditer. Par la suite, j’ai eu peur que mes œuvres soient plagiées et j’ai changé l’orientation du blog en faisant de lui mon regard sur le monde et une lucarne sur mon monde. Les formations en matière de blog ont débuté bien plus tard.

Depuis combien de temps bloguez-vous ?

Je blogue depuis octobre 2008

Pour quelles raisons bloguez-vous?

Je blogue parce que j’ai des choses à dire et à partager.

Quel était votre premier blog et combien en avez-vous à ce jour ? (les liens svp)

Mon premier blog est « le Blog de Yehni Djidji » aujourd’hui disponible à l’adresse yehnidjidji.com. J’ai un site internet littéraire d’écriture collaborative 225nouvelles.com et un blog parlant de films africains que malheureusement je n’arrive pas à alimenter régulièrement sur afriwood.akendewa.com

Quels sont les principaux thèmes que vous abordez dans vos blogs ?

« Le blog de Yehni Djidji » que je considère comme ma principale plateforme d’expression est un blog généraliste. J’y parle de faits de société, de politique, de cinéma, de musique… tout ce qui m’inspire.

Comment parvenez-vous à concilier votre vie de couple, vos activités professionnelles et celles de blogueuse ?

Je suis encore en plein apprentissage mais je crois qu’il s’agit de définir clairement ses priorités, savoir faire des compromis et avoir la chance d’être entourée de personnes compréhensives qui vous aiment vraiment.

Quelle est votre plus grande satisfaction depuis que vous bloguez ?

J’ai fait de belles rencontres.

Pensez-vous que le blogging peut nourrir son homme en Afrique ? Pourquoi et comment?

Oui, le blogging peut nourrir son homme ici comme ailleurs. Le blogging m’a nourrie et continue de me nourrir. Tout dépend de ce que l’on met dans cette expression. Même le gardien qui touche 40 000 F CFA de salaire à la fin du mois se nourrit. Si pour le moment le blogueur ne gagne pas forcément une fortune en termes de bannières publicitaires ou d’articles sponsorisés, les contacts qu’il se fera sont inestimables. Il doit pouvoir passer du virtuel au réel et saisir les opportunités quand elles se présentent. Il doit également consacrer du temps à la promotion de son blog, surtout s’il veut en vivre exclusivement. Mes activités de blogueuse ont fortement influencé ma vie professionnelle.

Quelle évaluation faites-vous de la blogosphère ivoirienne? Pensez vous qu’elle est suffisamment développée ?

Je peux juste dire qu’il y a régulièrement de nouveaux blogs qui se créent, mais cela demeure insuffisant par rapport au nombre d’ivoiriens sur la toile et on ne peut prédire de la pérennité du blog créé. Au bout d’un an ou deux, les gens se lassent parfois et le blog est laissé à l’abandon. Il y a encore de la place. En fait il y a de la place pour tout le monde.

Quelles solutions préconisez-vous pour une utilisation plus accrue du web 2.0 par les ivoiriens à l’instar des sénégalais?

Je ne sais pas ce qui se fait au Sénégal, mais il faut déjà améliorer la couverture du territoire au niveau d’internet, réduire les frais de connexion et multiplier les espaces d’accès gratuit à cet outil. Par exemple doter les écoles de salles informatiques avec accès à internet, créer des cybercafés publics dans les municipalités. Ce projet pourrait s’intégrer dans les bibliothèques municipales.

Les blogueurs ivoiriens, contrairement à leurs pairs des pays comme le Ghana et le Cameroun sont moins organisés. Comment expliquez-vous cela et que recommandez-vous ?

Il faudrait peut-être commencer par présenter leur organisation afin de savoir si effectivement cela n’est pas en vigueur ici. Il y a des initiatives visant à fédérer les ressources ici. Il y a des ateliers de formation, des conférences qui sont faites pour améliorer nos capacités On parle même de créer une association des blogueurs. Des détails seraient les bienvenus sur l’organisation du Ghana et du Cameroun.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes, en général, et particulièrement aux jeunes filles qui aspirent à être aussi célèbres que vous en matière de blogging dans leurs pays respectifs ?

A la base le blog est un moyen d’expression et pas forcément un tremplin vers la célébrité qui est d’ailleurs une notion assez relative. Il faut être passionné, y consacrer du temps, mettre un minimum de sérieux et d’assiduité, être persévérant et patient. Ils seront satisfaits du travail qu’ils auront abattu et d’autres trouveront de l’intérêt à consulter leur plateforme parce que chacun perçoit la vie selon une perspective différente. La célébrité, à moins d’être le fruit d’un buzz inopiné, sera la récompense d’un travail de longue haleine.

Quelles actions comptez-vous mener à court, moyen et long termes pour contribuer à l’émergence d’une blogosphère crédibles en Côte d’Ivoire ?

J’essaie de participer autant que possible aux différentes séances de formation et conférence pour soutenir les actions mais aussi pour me former. Mes initiatives à court, moyen et long terme sont plutôt dans le domaine littéraire.

Pour vous, les blogueurs devraient-ils ou non être soumis aux mêmes standards que les journalistes traditionnels ? Pourquoi ?

Les journalistes traditionnels ont les mains liées par une ligne éditoriale, ils sont plus lents dans le traitement de l’information… Pourquoi donc soumettre les blogs aux mêmes standards ? Il y a d’ailleurs des journalistes qui ont crée des blogs pour bénéficier de plus de liberté. Certes, il faut respecter un minimum d’éthique en tant que blogueur, qui d’ailleurs devrait découler de l’esprit logique et de la bonne éducation de chacun. Ne pas utiliser son espace pour injurier, recouper les informations avant de les publier par exemple… Mais transformer les blogueurs en journalistes ? Ce serait une grande perte.

Le phénomène de la cybercriminalité connait une recrudescence en Afrique de l’Ouest en particulier, ceci nonobstant l’endurciment des lois (comme c’est le cas par exemple au Nigéria) ainsi que d’autres efforts pour le combattre. Vous en tant qu’internaute quelles approches vous sembles susceptibles d’aider à lutter efficacement contre ce phénomène?

Il n’y a pas que la cybercriminalité qui augmente. A mon avis, la criminalité en général connait une recrudescence et ce n’est pas l’apanage de l’Afrique de l’Ouest uniquement. Face à la pauvreté et au chômage certains utilisent cette voie d’enrichissement rapide et parfois mal maitrisé par ceux qui ont la charge d’endiguer le fléau. En ayant une politique dynamique et fiable de création d’emploi, en assurant une meilleure formation aux agents en charge de la lutte contre la cybercriminalité, en éduquant les jeunes à un usage responsable et utile d’internet, peut-être que les choses iront en s’améliorant.

On parle de plus en plus ‘d’économie numérique’. Pensez-vous qu’elle constitue une alternative crédible pour le développement des pays africains ?

L’économie numérique doit être développée en même temps que l’économie classique. Les préalables à l’instauration d’une économie numérique forte, comme la simple connexion internet par exemple commencent à peine à être installés dans certaines régions d’Afrique.

Quels critiques portez-vous sur mon blog et quelles suggestions d’amélioration faites-vous?

Je pense que les sujets sont bien traités, mes suggestions sont au niveau du design qui peut être amélioré. Je pense qu’on aura l’occasion d’en parler de façon plus détaillée.

Un dernier mot ?

Merci d’avoir pensé à moi pour cette rubrique, je te souhaite bonne chance pour la suite.

Vous pouvez lire d’autres interview de Yehni en cliquant ici

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