CAN 2013 : Une semaine après, on en parle encore

Crédit Image: africatopsports.com

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Dimanche 10 Février 2013 – Il y a donc une semaine que se sont éteints les lampions sur le plus grand rendez-vous sportif du plus vieux continent. Passée l’euphorie des commentaires parfois justes et objectifs mais très souvent enflammés et démesurés, il semble utile de revenir, à froid, sur quelques insuffisances de ce rendez-vous «manqué».

Les éliminatoires, ses surprises

La première surprise fut l’absence de certains ténors. On notera celle du plus titré de l’histoire de la compétition, l’Egypte (4 fois championne d’Afrique). Derrière elle, les lions in-domptables du Cameroun. Une CAN sans le mythique Samuel Eto’o, c’est un peu l’équivalent d’une sauce sans sel – avec un peu d’exagération bien sûr.  Autres grands absents furent les lions de la Teranga. Au plus bas niveau de son football, le Sénégal d’El Hadj Diouf n’a pu goûter, pour la 2ème fois consécutive, à la douceur de la CAN, si douceur il y a lorsqu’on voit ces coups durs qui s’y produisent et qui font dire à plus d’un qu’il vaut mieux ne pas y participer que d’essuyer de telles forfaitures de gens mal inspirés.

Enfin, on remarquera l’absence de Stéphane Sessegnon et ses compagnons du Benin. Cette fois-ci, les palmistes ont manqué et d’un palmier à l’autre, l’écureuil n’a pu ajuster ses sauts et s’est retrouvé au sol dans les crocs mortels d’un chien qui passait par là.

La deuxième surprise de cette étape fut les qualifications du Cap Vert et de l’Éthiopie. Surprise, il y avait parce que l’un, (le Cap Vert) n’y était jamais allé et l’autre (l’Éthiopie) y était allé mais depuis le temps où les animaux vivaient avec les hommes, sinon, depuis presqu’une génération, c’est-à-dire 25 ans. On les appelait donc les petits poussés de la CAN. Mais il a suffit un seul match pour qu’ils grandissent. Les petits poussés ont donc grandit et, je l’espère, le resteront pour le plaisir des amateurs du beau jeu.

Échec de la mobilisation                

La mobilisation fut un fiasco total pour cette édition. Deux des nombreux arguments avancés étaient que d’un côté, les matchs se jouaient au moment où la population était encore au travail et de l’autre, les supporteurs –pour la plupart– avaient peu confiance en leurs équipes nationales ou étaient déçus de leurs prestations aux éditions précédentes. Ceux-ci jugeaient donc inutiles d’effectuer le déplacement. Drôles d’arguments, même s’il y a un peu de vérité.

Sauf exagération de ma part, je crois que les experts en développement ne devraient plus se tordre les méninges pour mener des études d’analyse du niveau de pauvreté des pays car pour le comprendre, il suffit de suivre un match de CAN. Comment comprendre que pour un match de CAN et non de championnat de ligue 1, des gradins puissent être aussi vides que lors de l’affiche Togo-Ethiopie ? On pourrait penser que ni les Togolais, ni les Éthiopiens n’étaient intéressés pas le Foot. Mais lorsque vous suivez les télévisions nationales de ces pays, vous vous rendez vite compte du contraire vu l’enthousiasme et la fierté qu’affichent ces peuples. Comment demander à quelqu’un qui vit avec moins d’un dollars par jour de payer un billet d’avion de 1000 dollars pour seulement  90 minutes ? C’est en tout cas un luxe que ne peut s’offrir un infirmier ou un instituteur ivoirien même après 5 ans d’économie.

La principale raison de cet échec, est donc plus liée à la pauvreté ainsi qu’à l’insuffisance de la communication autour de l’évènement qu’à tout autre, je pense. Comment y remédier ? Ne répondez pas, puisque la CAF devrait le faire si elle en a prit conscience.

 Cet arbitrage catastrophique

De mémoire de jeune suivant la CAN et les matchs de football en général, jamais je n’ai constaté d’erreurs d’arbitrage aussi flagrantes que lors de cette CAN. Rien que cette dimension suscite en moi d’énormes sentiments de dégoût et de colère contre la CAF et ses dirigeants. Ma colère contre la CAF se justifie par le simple fait que ces mêmes erreurs d’arbitrage ont été relevées lors de la CAN d’il y a à peine un an au Gabon et en Guinée Équatoriale. Nous étions nombreux à parier sur les dispositions que prendraient la CAF une fois la compétition terminée pour que de telles forfaitures de nature à enlever au sport roi tout son charme ne se reproduisent. Que nenni !

Comment comprendre que dans une compétition de si haut niveau –où l’à-peu-près n’a pas sa place– de telles erreurs puissent se produire. À une phase de quart de finale et de demie finale, comment un arbitre peut-il faire preuve de si grande légèreté ? Quelles étaient les critères de sélection de ces arbitres ? Être victime d’une faute dans la surface de réparation adverse, donc bénéficier en principe d’un pénalty, se voir refuser honteusement ce pénalty et de surcroît écoper d’un carton jaune, puis d’un rouge et se voir expulser de la compétition n’était qu’une preuve de la forfaiture en question. Pour sauver la face, on viendra annuler le carton –une grande première dans l’histoire du football. Saluons, malgré tout, la grandeur d’âme de l’arbitre qui a reconnu qu’il « a fait une erreur ». Ma question : Et si par ses mêmes erreurs il faisait éliminer le Burkina, serait-on revenu sur le score final du match ? Si l’officiant du match Togo-Algérie, par ses erreurs, faisait éliminer le Togo, qu’aurait-il advenu?

Au fond, je pense, ce n’était pas tant que çà l’arbitrage qui était en question, mais un message qui se véhiculait. Lequel nous interpelle sur tout un système et les gens qui l’incarnent.

 Est-ce la corruption qui gangrène la CAF et sa prise en otage par une poignée de personnes qui y règnent en monarques et qui ne jouissent de la seule légitimité que celle que leur confère la petite bande  autour d’elles tenue en captivité par l’incommensurable pouvoir de l’argent ? Il suffit de voir les pétitions circuler sur les réseaux sociaux pour savoir que les jeunes Africains, en particulier, n’ont plus besoin de ces dirigeants à la CAF.

 L’état des pelouses

En suivant le match du Burkina contre le Ghana, j’ai cru m’être trompé de compétition tant la poussière qui se dégageait à chaque tir de balle me faisait penser au tournoi de maracana de mon quartier. Comment à une compétition de tel niveau et surtout lors d’une demie finale, une pelouse comme celle de Nelsburght Stadium puisse être autorisée par la CAF ? Encore une fois c’est le Burkina, qui semble avoir été l’enfant mal aimé de cette compétition, qui a essuyé cette forfaiture de la CAF en voyant deux de ses matchs programmés sur cette pelouse. Mais à cœur vaillant, rien n’étant impossible, les étalons du Yennega ont montrés leur rage d’aller jusqu’au bout.

Il y a cet adage de chez moi qui dit « si l’enfant se cache pour manger la canne à sucre, il lui reste toujours des traces de son jus sur ses habits qui le trahissent en public». Et en la circonstance, les traces de cette forfaiture de la CAF furent la chute honteuse des poteaux –en plein match– lors de la rencontre Togo-Algérie et qui a failli couter sa qualification aux Éperviers qui ont su voler bien haut.

On pourra multiplier l’énumération de ces insuffisances même si côté sécurité, les choses semblent avoir été plutôt bien maîtrisées…

La CAN 2013 est donc terminée. On pourra résumer cette édition en ces termes : Mobilisation, Fiasco! Arbitrage, catastrophique! Niveau de jeu, bas! Qualité des pelouses, moyenne! Niveau des individualités, bien! Détermination des équipes, Excellente! Sécurité, très bien! Communication autour de l’évènement, insuffisante…!

Fini la CAN 2013, Vive la CAN 2015!

Vivement… MAROC 2015 !

6 Des réflexions sur “CAN 2013 : Une semaine après, on en parle encore

  1. Je pense qu’il y a beaucoup à dire sur la CAN. Concernant l’arbitrage, le carton rouge est la goutte d’eau qui a fait déborde le vase. Si le carton est injuste, il s’avère que Paul Koulibaly du côté du Burkina (je suis burkinabè) aurait dû sortir. Il a répété des actes d’anti-jeu a deux reprises qui auraient pu le conduire dehors. Ensuite, lors du match Côte d’Ivoire # Togo, je me demande toujours ce qui s’est passé sur le deuxième but togolais que l’arbitre a refusé. Le portier ghanéen qui devait prendre un carton rouge en phase de groupe. J’ai plutôt l’impression que la CAF s’était arrangé pour qu’il y ait un Ghana # Côte d’Ivoire (puis Nigeria) en finale malheureusement ce en fut pas le cas.
    Pour la mobilisation, les stades vides symbolisent la pauvreté de l’Afrique parce que les gens n’avaient pas d’argent pour aller suivre le matches. Les manigances au niveau de la CAF ne font plus honte à quelqu’un surtout quand on on voit la manière avec laquelle Anouma a été exclu de la course à la présidence de la CAF.

    • Salut Ouéd,
      Ton commentaire est impressionnant par sa pertinence.
      Je suis d’avis avec toi sur tous ces points. La CAF, on en veut plus avec les dirigeants actuels. Et les gens le leur disent, sauf qu’ils refusent de comprendre. Les conséquences fâcheuses sont là…

      Merci d’être passé et abientôt pour un nouvel article.

      Amicalement

  2. « Cette fois-ci, les palmistes ont manqué et d’un palmier à l’autre, l’écureuil n’a pu ajuster ses sauts et s’est retrouvé au sol dans les crocs mortels d’un chien qui passait par là. » Trop mortelle cette phrase !
    « Comment demander à quelqu’un qui vit avec moins d’un dollars par jour de payer un billet d’avion de 1000 dollars pour seulement 90 minutes ? » Constat trop vrai. Nous aimons le ballon rond mais pas au prix de sacrifier les economies de plusieurs annees pour bcp.
    « Comment comprendre que dans une compétition de si haut niveau –où l’à-peu-près n’a pas sa place– de telles erreurs puissent se produire. » Je n’ai jamais compris pourquoi un sport moins populaire comme le tennis a depuis longtemps adopte la technologie pour un rendu plus fiable alors que les magnats du football font tout pour eloigner les ordinateurs et les cameras de l’arbitrage ! Ah, si j’ai compris…
    Amities !

    • Aaaah, Natyk
      Ma Nathyk. Merci d’être passée par ici.
      J’espère que tu sauras toujours faire de bons sauts et que tu ne te retrouveras pas dans les crocs mortels d’un….

      Abientôt pour un nouvel article.

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